Quand le mouvement devient danse, quand devient-il oeuvre au regard du droit ? Comment la notion d’oeuvre en droit peut-elle s’adapter à l’art du 21ème siècle ? Quand le quotidien devient invention, spectacle, copie comment les mouvements peuvent-ils rester libres et circuler comme les idées ? Quand les gestes se forment, se répètent au contact des nouvelles technologies, quels sont les liens juridiques attachés à ces nouveaux dialogues ? Quand les corps s’adaptent aux urbanismes, aux architectures, quand les gestes, les espaces et les identités se reproduisent en pixels, vecteurs, circuits intégrés, sommes-nous partie d’un système, d’une technique, d’une oeuvre ? Le mouvement est par excellence fugace et insaisissable. Il ne peut être arrêté que dans sa fixation ; captation, notation, enregistrement, numérisation, reconstitution. Le droit d’auteur peut-il appréhender le mouvement dans son essence ou est-il réduit à ne le saisir que par ses images arrêtées ? Est-il légitime que le droit s’empare du mouvement pour le rendre privatif alors que la mobilité du corps et du visage doivent demeurer l’apanage de tous. Pourrait-on contraindre le corps à une mobilité dirigée par le droit d’auteur ? Mais comment protéger le mouvement construit, chorégraphié sans entrer en butte avec la liberté du mouvement ?